Alcool au volant en état de récidive

Vous avez déjà été condamné pour conduite sous l'emprise de l'alcool et vous risquez une nouvelle sanction ? La récidive d'alcool au volant entraîne des conséquences bien plus sévères qu'une première infraction.
Alcool au volant
13 mai 2016
Mis à jour le 21 mai 2026
Stephanie
Alcool au volant en état de récidive

Vous avez déjà été condamné pour conduite sous l'emprise de l'alcool et vous risquez une nouvelle sanction ? La récidive d'alcool au volant entraîne des conséquences bien plus sévères qu'une première infraction. Dans cet article, nous vous expliquons ce qui caractérise la récidive légale, quelles sanctions vous encourez et comment réagir face à cette situation.

Quand parle-t-on de récidive légale ?

La récidive légale est une notion juridique précise qui entraîne des conséquences particulièrement lourdes pour le conducteur. Comprendre ses conditions et son champ d'application est essentiel pour éviter les sanctions les plus sévères.

Délai de récidive : la règle des 5 ans

Il y a récidive légale lorsque trois conditions cumulatives sont réunies :

  • Une condamnation définitive préalable pour un délit (et non une simple amende contraventionnelle),
  • La commission du même délit ou d'un délit assimilé,
  • Un délai de 5 ans maximum entre les deux infractions.

Ce délai de 5 ans court à compter de l'expiration ou de la prescription de la précédente peine, et non de la date des faits. Autrement dit, si vous avez été condamné pour conduite avec un taux d'alcool supérieur à 0,8g et que vous commettez à nouveau cette infraction dans ce délai, vous serez considéré comme récidiviste.

Bon à savoir : seule une condamnation définitive par le juge peut constituer le premier terme de la récidive. Une simple amende forfaitaire ne suffit pas.

Alcoolémie contraventionnelle ou délictuelle : quelle différence ?

Tous les cas d'alcool au volant ne sont pas concernés par la récidive légale. La distinction entre contravention et délit est ici déterminante.

Entre 0,5g et 0,8g d'alcool par litre de sang, il s'agit d'une alcoolémie contraventionnelle. Cette infraction, jugée au tribunal de police, n'entre pas dans le cadre de la récidive légale. En revanche, à partir de 0,8g par litre de sang, l'alcoolémie devient délictuelle et relève du tribunal correctionnel.

Lors d'un contrôle, si le taux d'alcoolémie atteint ou dépasse 0,8g, le permis est retiré sur place au moment de l'infraction. C'est la rétention du permis de conduire par les forces de l'ordre, d'une durée maximale de 72h. Pendant cette période, le Préfet intervient pour fixer la durée de la suspension du permis de conduire. Le contrevenant n'a plus le droit de conduire. Dans les mois qui suivent (environ 3 à 4 mois), le conducteur est convoqué au tribunal correctionnel pour passer devant le juge.

Si vous êtes condamné une seconde fois pour ce même délit dans un délai de 5 ans, vous êtes en état de récidive légale, avec toutes les conséquences que cela implique.

Quelles sanctions en cas de récidive d'alcool au volant ?

Les sanctions pour récidive d'alcool au volant sont nettement plus sévères que pour une première infraction. En cas de récidive, les peines maximales prévues par le Code pénal sont doublées, conformément à l'article 132-10. Le juge prononce l'annulation du permis de conduire de plein droit et peut appliquer des peines complémentaires lourdes.

Annulation du permis de conduire et peine minimale

En cas de récidive d'alcool au volant, l'annulation automatique du permis de conduire est systématique. Selon l'article L234-13 du Code de la route, cette annulation s'accompagne d'une interdiction de solliciter un nouveau permis pendant 3 ans maximum. Les peines principales encourues sont les suivantes :

  • 4 ans d'emprisonnement (contre 2 ans pour une première infraction),
  • 9 000 € d'amende (contre 4 500 € pour une première infraction),
  • Retrait de 6 points sur le permis de conduire.

Le juge peut également prononcer des peines complémentaires telles que la confiscation obligatoire du véhicule, l'immobilisation du véhicule pendant 1 an, ou l'obligation d'effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

Critère 1ère infraction Récidive (moins de 5 ans)
Peine de prison Jusqu'à 2 ans Jusqu'à 4 ans
Amende Jusqu'à 4 500 € Jusqu'à 9 000 €
Annulation du permis Possible (décision du juge) Automatique (de plein droit)
Interdiction de repasser le permis Jusqu'à 3 ans Jusqu'à 3 ans (obligatoire)
Confiscation du véhicule Possible Obligatoire (sauf motivation spéciale du juge)
Retrait de points 6 points 6 points

Bon à savoir : après l'annulation du permis, le conducteur doit passer une visite médicale auprès d'un médecin agréé et un test psychotechnique avant de pouvoir repasser les épreuves du code de la route et de la conduite. Il obtient alors un permis probatoire avec un capital de 6 points.

Exemple de condamnation en récidive

Prenons le cas d'un conducteur contrôlé avec un taux d'alcoolémie de 1,2 g par litre de sang, alors qu'il avait déjà été condamné pour conduite sous l'emprise de l'alcool il y a 3 ans. Voici les étapes qu'il traverse :

  1. Rétention du permis : au moment du contrôle, les forces de l'ordre procèdent à la rétention immédiate du permis pour une durée maximale de 72 heures.
  2. Suspension préfectorale : pendant cette période, le Préfet fixe une suspension administrative du permis, souvent de plusieurs mois, en attendant le passage devant le tribunal.
  3. Convocation au tribunal correctionnel : environ 3 à 4 mois après l'infraction, le conducteur est convoqué devant le juge.
  4. Jugement : le tribunal prononce l'annulation automatique du permis avec interdiction de le repasser pendant 2 ans, une amende de 3 000 €, et ordonne la confiscation obligatoire du véhicule.

Comme le précise l'article 132-10 du Code pénal, « le maximum des peines d'emprisonnement et d'amende encourues est doublé » lorsqu'un même délit est commis dans un délai de 5 ans.

Multi-récidive et cumul alcool-stupéfiants

Conséquences d'une récidive à plusieurs reprises

Lorsqu'un conducteur commet une troisième infraction ou plus pour alcool au volant, la gravité des faits est considérée comme particulièrement préoccupante par les tribunaux. Les peines encourues deviennent alors encore plus lourdes que lors d'une simple récidive.

Pour un multirécidiviste, le juge peut prononcer les sanctions maximales : jusqu'à 4 ans de prison et 9 000 € d'amende. L'annulation du permis de conduire devient systématique, avec une interdiction de le repasser pouvant atteindre 3 ans. Depuis la loi LOPPSI 2 du 15 mars 2011, la confiscation du véhicule devient obligatoire en cas de récidive, sauf décision contraire spécialement motivée par le juge. L'immobilisation du véhicule peut également être prononcée pour une durée d'un an.

Ces sanctions ont des répercussions importantes sur la vie quotidienne et professionnelle. Pour les conducteurs dont l'activité dépend du permis de conduire, la multi-récidive peut entraîner une perte d'emploi. Du côté de l'assurance automobile, les compagnies peuvent résilier le contrat ou augmenter considérablement les cotisations, rendant la reprise de la conduite particulièrement coûteuse une fois le permis récupéré.

Stupéfiant et alcool au volant en récidive

Les peines sont portées à 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende.

Cette double infraction multiplie considérablement les risques d'accident mortel : l'association drogue et alcool multiplie par 15 le risque d'accident mortel sur la route. Les forces de l'ordre peuvent désormais procéder à des contrôles de stupéfiants à tout moment, sans nécessiter d'infraction préalable.

En cas de récidive avec ce cumul stupéfiants et alcool, la confiscation du véhicule devient obligatoire si vous en êtes propriétaire. Le juge peut également prononcer l'annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant 3 ans. S'ajoutent à ces sanctions l'obligation d'accomplir un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants, à vos frais.

Recours possibles et rôle de l'avocat

Conduire sans permis après une récidive d'alcool

Conduire malgré une annulation de permis constitue un délit supplémentaire passible de 2 ans d'emprisonnement et de 4 500 € d'amende. Cette infraction entraîne également des peines complémentaires lourdes : confiscation obligatoire du véhicule, suspension du permis pour 3 ans supplémentaires et inscription au casier judiciaire.

Pour récupérer le droit de conduire après une annulation, plusieurs étapes obligatoires sont à respecter. Une fois la période d'interdiction terminée, le conducteur doit d'abord passer une visite médicale auprès d'un médecin agréé ou devant la commission médicale en cas d'infraction liée à l'alcool. Des examens complémentaires, notamment une prise de sang, peuvent être demandés. Un test psychotechnique est également requis pour évaluer l'aptitude physique et mentale à conduire.

Si le conducteur est déclaré apte, il doit ensuite repasser intégralement le permis de conduire : code de la route ET épreuve de conduite. Le nouveau permis obtenu est un permis probatoire avec un capital de 6 points. Ces démarches sont incontournables et tout vice de procédure lors du contrôle initial peut être soulevé par un avocat spécialisé en droit routier pour contester le dossier pénal.

Défense au tribunal correctionnel

Face à une récidive d'alcool au volant, plusieurs stratégies de défense peuvent être envisagées devant le tribunal correctionnel. Un avocat spécialisé en droit routier peut analyser le dossier pénal pour identifier d'éventuels vices de procédure : défaut de notification des droits, irrégularités lors du contrôle d'alcoolémie, non-respect des délais de vérification de l'éthylomètre ou erreurs dans le procès-verbal.

Une autre option consiste à contester le taux d'alcoolémie mesuré en demandant une contre-expertise ou en soulevant des anomalies techniques. Dans certains cas, le procureur peut proposer une reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), également appelée « plaider coupable ». Cette procédure permet de juger rapidement le conducteur qui reconnaît les faits, sans procès classique. Le procureur propose directement une ou plusieurs peines, que le juge doit ensuite valider.

Attention : la CRPC n'est pas toujours la solution la plus favorable. Consulter un avocat avant d'accepter cette proposition est essentiel pour évaluer les conséquences sur le permis, le casier judiciaire et les sanctions pénales. Un avocat peut également plaider pour des circonstances atténuantes ou négocier des aménagements de peine.

Test d'alcoolémie : contrôle par prise de sang ou éthylomètre

Lors d'un contrôle routier, les forces de l'ordre procèdent en deux temps. D'abord, un éthylotest de dépistage permet de vérifier rapidement si le conducteur a consommé de l'alcool. En cas de résultat positif, une vérification officielle est alors réalisée à l'aide d'un éthylomètre homologué qui mesure la concentration d'alcool dans l'air expiré, ou par une prise de sang en laboratoire agréé. Ces deux méthodes ont la même valeur légale et permettent d'établir le taux d'alcoolémie avec précision. Le conducteur ne peut pas choisir entre les deux : c'est aux forces de l'ordre de décider de la méthode de contrôle.

Bon à savoir : depuis la loi de Santé du 26 janvier 2016, les contrôles d'alcoolémie peuvent être effectués pour toute infraction au Code de la route, et non plus seulement pour certaines infractions comme les excès de vitesse ou le non-port de la ceinture.

Taux d'alcoolémie : limite légale et seuils

La législation française fixe des seuils précis qui déterminent la nature de l'infraction et les sanctions applicables. Pour les conducteurs confirmés, la limite légale est de 0,5 gramme d'alcool par litre de sang (soit 0,25 mg/L d'air expiré). Au-delà de ce seuil mais en dessous de 0,8 g/L, il s'agit d'une contravention de 4ème classe sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 € et un retrait de 6 points.

À partir de 0,8 gramme par litre de sang (soit 0,40 mg/L d'air expiré), l'infraction devient un délit passible d'une amende pouvant atteindre 4 500 €, d'une peine de prison de 2 ans maximum et d'une suspension de permis.

Pour les jeunes conducteurs en période probatoire, le seuil est abaissé à 0,2 gramme par litre de sang (soit 0,10 mg/L d'air expiré), ce qui équivaut à une tolérance zéro : aucun verre d'alcool n'est autorisé.

Bon à savoir : refuser de se soumettre au dépistage d'alcoolémie entraîne les mêmes sanctions qu'une alcoolémie délictuelle, soit jusqu'à 4 500 € d'amende et 2 ans d'emprisonnement.

Première fois ou récidive : quelle différence pour la suspension du permis ?

Les conséquences d'une infraction pour alcool au volant varient fortement selon qu'il s'agit d'une première fois ou d'une récidive. Lors d'un premier contrôle avec un taux supérieur à 0,8 g/L, le permis est retiré immédiatement par les forces de l'ordre (rétention de 72h maximum). Le préfet prononce ensuite une suspension administrative du permis dont la durée varie généralement entre 2 et 6 mois selon le taux d'alcoolémie relevé. Le juge peut également prononcer une suspension judiciaire complémentaire pouvant aller jusqu'à 3 ans.

En cas de récidive (second délit dans un délai de 5 ans), les sanctions sont bien plus sévères. Le juge prononce l'annulation du permis de conduire et peut imposer jusqu'à 4 ans de prison, 9 000 € d'amende et la confiscation du véhicule. Le permis est alors détruit et le conducteur perd définitivement son droit de conduire pour une période minimale de 6 mois à 3 ans.

Questions fréquentes sur la récidive d'alcool au volant

Quand est-on considéré comme récidiviste pour alcool au volant ?

Vous êtes considéré comme récidiviste lorsque vous commettez un nouveau délit d'alcool au volant après avoir été condamné définitivement pour un délit similaire. Concrètement, cela signifie avoir été condamné une première fois pour une conduite avec un taux d'alcoolémie supérieur ou égal à 0,8 g par litre de sang, puis commettre à nouveau cette infraction dans un délai de 5 ans. Dans ce cas, l'annulation du permis de conduire intervient de plein droit, c'est-à-dire automatiquement, sans que le juge puisse y déroger. La récidive ne concerne que les délits, pas les contraventions pour alcoolémie entre 0,5 et 0,8 g.

Combien de temps entre les infractions pour être en récidive ?

Le délai pour caractériser une récidive légale est de 5 ans à compter de l'expiration de la précédente peine. Attention, ce n'est pas la date de l'infraction qui compte, mais bien la fin de la sanction prononcée lors du premier jugement. Si vous commettez une nouvelle infraction d'alcool au volant dans ce délai de 5 ans, vous êtes en situation de récidive et les sanctions sont considérablement alourdies. Passé ce délai, une seconde infraction ne sera plus considérée comme une récidive au sens légal, même si elle reste un délit.

Quels sont les risques en cas d'accident sous alcool en récidive ?

En cas d'accident corporel ou mortel sous l'emprise de l'alcool en situation de récidive, les sanctions pénales sont particulièrement sévères. Votre responsabilité pénale est aggravée et vous risquez jusqu'à 4 ans de prison et 9 000 € d'amende. L'annulation du permis est automatique, avec interdiction de le repasser pendant plusieurs années. Côté assurance automobile, les conséquences sont également lourdes : votre assureur peut refuser de prendre en charge vos dommages matériels et vous réclamer le remboursement des indemnités versées aux victimes.

L'éthylotest anti-démarrage est-il obligatoire après une récidive ?

L'éthylotest anti-démarrage (EAD) est un dispositif qui empêche le démarrage du véhicule si le conducteur présente un taux d'alcool supérieur à la limite autorisée. Cependant, les conducteurs en état de récidive légale ne sont pas admis au bénéfice de ce dispositif. L'EAD ne peut être proposé qu'en première infraction, pour un taux compris entre 0,8 et 1,8 g par litre de sang, comme alternative à la suspension du permis. En récidive, l'annulation du permis est automatique et le juge peut prononcer d'autres peines complémentaires comme un travail d'intérêt général ou la confiscation du véhicule.

Combien de points perd-on pour alcool au volant ?

Tout délit d'alcoolémie au volant, qu'il s'agisse d'une première infraction ou d'une récidive, entraîne un retrait de 6 points sur le permis de conduire. Ce retrait intervient après le paiement de l'amende ou la condamnation définitive. Pour les jeunes conducteurs en période probatoire, cette perte de 6 points est particulièrement critique : avec un capital initial de 6 points seulement, cela signifie une invalidation immédiate du permis pour solde nul, sans possibilité de suivre un stage de récupération de points. L'objectif est clair : dissuader la conduite sous l'emprise de l'alcool et protéger tous les usagers de la route.

infographie: alcool au volant en état de récidive

 

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